
La restauration des milieux naturelsCette rubrique sera l'occasion d'évoquer les actions concrètes réalisées en faveur des milieux naturels et des espèces. Chantiers de restauration de la mare du Bief de Corne
Situé sur le premier plateau, sur le territoire communal d’Arbois et de La Châtelaine, le Bief de Corne est une vaste gouttière du plateau en partie comblée de formations, glaciaires, fluvioglaciaires et glacio-lacustres appartenant au front des moraines externes [bibliographie en bas de page].
Cette petite mare creusée dans le calcaire, peut-être par l’homme, est située à la limite du substrat calcaire et de la couverture sableuse glaciaire. Elle est alimentée par une petite source de débordement d'aquifère située à proximité, probablement dans les sables et à la limite d'un petit épaulement rocheux. Il faut ici souligner la relative rareté des mares sur le plateau, ce qui s’explique par la nature karstique et donc très perméable du substrat.
Un abreuvoir a été creusé dans le rocher (Moyen Âge, 16ème, 17ème, ….?) sur le bord de la mare. Un trou également taillé dans la roche contenait peut-être une poutre supportant un toit ? Des recherches sont en tout cas à mener sur l’utilisation de ce site par l’homme.
Cette mare présente également un grand intérêt en ce qui concerne son patrimoine naturel notamment parce qu’elle abrite une belle population de crapaud accoucheur (Alytes obstetricans) dont la biologie est assez particulière (voir ici ). D’autres amphibiens peuplent cette mare : le triton alpestre, le triton palmé, la grenouille rousse ainsi que de nombreux invertébrés (insectes, mollusques, etc.). A noter également qu’un beau tapis de characées, plantes un peu à part dans le règne végétal, recouvre le fond de la mare. Enfin ce site constitue l’un des rares points d’abreuvement pour la faune sur le plateau.
Malheureusement cette mare a subi quelques atteintes au cours du temps ; notamment son comblement partiel par des cailloux. L’abandon du site est également synonyme d’enfrichement conduisant petit à petit à la disparition du plan d’eau par comblement et à un boisement de la belle pelouse sèche jouxtant la mare.
Une intervention était donc nécessaire afin de préserver les multiples points d’intérêt de ce site (naturel, géologique, historique, paysagé, etc.). Deux chantiers bénévoles de restauration, organisé par la communauté de communes dans le cadre de sa mission d’animation du site Natura 2000 de la Reculée des Planches-Près-Arbois, ont donc eu lieu :
Un premier en 2010 qui avait pour but de recéper le saule devenu envahissant et de faucher la pelouse.
Un second le mercredi 30 novembre dont les objectifs étaient de : a) Retirer les pierres et les gravats qui ont été déversés dans la mare et qui n'ont rien à y faire ; ces matériaux ont été valorisés écologiquement sur place, en étant judicieusement disposés sous la forme d'un murger (intérêt paysager et écologique, générateur d'abris et de biodiversité,), à proximité de la mare ; b) Réaliser une fauche partielle de la pelouse entourant la mare ; c) Aménager quelques zones favorables à la gentiane croisette qui est présente à proximité immédiate dans un contexte non protégé.
Le diaporama des chantiers :
Lire à ce sujet : CAMPY M. (1982) - Le Quaternaire franc-comtois. Essai chronologique et paléoclimatique. Thèse d'Univ. Besançon, 557 p.
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